Cette couche de données représente l'évolution future du risque de pollution en nitrate des nappes et des cours d'eau.
Cette évolution est estimée selon trois scénarios climatiques pour l'ensemble du territoire wallon à l'échelle de 1 km².
La Région wallonne est composée de 352 masses d'eau de surface ainsi que de 34 masses d'eau souterraines. Les projections climatiques indiquent une augmentation de la variabilité des précipitations au cours de l'année avec des sécheresse saisonnières et des épisodes pluvieux de fortes intensités. Les sécheresses peuvent engendrer une augmentation du stock d'azote potentiellement lessivable dans les sols agricoles, ce qui accroit le risque de pollution vers les nappes avec les précipitations. De plus, les fortes pluies hivernales vont engendrer du ruissellement et se charger en polluants avant de rejoindre les cours d'eau ainsi qu'une recharge importante des nappes entrainant un effet de "chasse" au sein de la zone non saturée du sous-sol (zone vadose). Les sécheresses vont également concentrer les polluants dans les cours d'eau et augmenter leurs impacts sur les écosystèmes aquatiques.
Les projections climatiques utilisées sont celles de l'équipe de climatologie de Xavier Fettweis de l'Uliège, obtenues par le modèle régional climatique MARv3.14. A partir de ce modèle, 6 modèles globaux climatiques ont été utilisés pour forcer les projections futures : MIROC6, MPI-ESM1-2-HR, CMCC-CM2-SR5, IPSL-CM6A-LR, EC-Earth3-Veg et NorESM2-MM. Pour ces modèles, trois scénarios de réchauffement ont été étudiés à savoir un monde à +2, +3 et +4 degrés. Ces scénarios sont représentés par des périodes de 15 années. Le modèle EPICgrid a été utilisé afin de simuler les flux d'eau dans le futur à partir des données climatiques. Ce modèle permet de sortir les bilans hydriques de l'ensemble de la Wallonie à une résolution de 1 km². Les données de flux de nitrate des eaux de ruissellement et des flux hypodermiques rapides et lents en kg par hectare de sol constituent les apports de nitrate vers les cours d'eau. Les données de flux de nitrate des eaux de percolation profonde en kg par hectare de sol représentent les apports de nitrate vers les eaux de recharge des nappes.
A partir de ces données, les indicateurs du risque de pollution en nitrate des cours d'eau et des nappes ont été construits. Plusieurs cartes sont disponibles dans cette série. Premièrement, les flux de nitrate des eaux de recharge actuels et des eaux d'apport aux cours d'eau actuelles de la période de référence de 2008 à 2022. Ensuite, les cartes de l'évolution relative des flux de nitrate vers les eaux de recharge des nappes et vers les eaux d'apport aux cours d'eau pour les scénarios futurs de +2°C, +3°C et +4°C en pourcentage d'augmentation et de diminution. Les données d'évolution ont été calculées pour la moyenne des six modèles et pour le modèle le plus extrême sec: CMCC-CM2-SR5. Enfin, les cartes du coefficient de variation entre les six modèles pour les trois scénarios, pour les nappes et pour les cours d'eau. Le coefficient de variation correspond à l'écart-type sur la moyenne des valeurs d'apport aux cours d'eau entre les six modèles et montre la variabilité des prédictions futures entre les modèles.
Ces cartes représentent l'ensemble du territoire wallon à la résolution de 1 km². Elles sont issues du projet de diagnostic des vulnérabilités pour augmenter la résilience de la Wallonie aux changements climatiques à travers l'adaptation. Ce projet est financé par l'Agence Wallonne de l'Air et du Climat (AWAC) et exécuté par le bureau d'étude ICEDD (Institut de Conseil de d'Etudes en Développement Durable). Ces couches ont été réalisées par C. Pirlot et A. Degré de l'Axe Echanges Eau-Sol-Plante de Gembloux Agro-Bio Tech - Uliège ainsi que par Catherine Sohier du SPW.