Cette couche de données illustre l'évolution de plusieurs indicateurs sur les sols à risques de sécheresse édaphique futures.
Ces indicateurs sont évalués selon trois scénarios climatiques pour l'ensemble du territoire wallon à la résolution de 1 km.
Les projections climatiques futures montrent une augmentation de la température estivale ainsi que du nombre de jours secs consécutifs jusque 32% avec une diminution des précipitations. Ainsi, les sécheresses seront plus fréquentes. Les sécheresses des sols, principalement en surface, vont induire une diminution de l'eau disponible pour les plantes. Ces sécheresses édaphiques peuvent engendrer des stress hydriques importants pour les plantes et impacter les rendements. Notons que cette vision reste centrée sur la gestion de l'eau et ne présume pas des autres services rendus par les sols.
Les projections climatiques utilisées sont celles de l'équipe de climatologie de Xavier Fettweis de l'Uliège, obtenues par le modèle régional climatique MARv3.14. A partir de ce modèle, 6 modèles globaux climatiques ont été utilisés pour forcer les projections futures : MIROC6, MPI-ESM1-2-HR, CMCC-CM2-SR5, IPSL-CM6A-LR, EC-Earth3-Veg et NorESM2-MM. Pour ces modèles, trois scénarios de réchauffement ont été étudiés à savoir un monde à +2, +3 et +4 degrés. Ces scénarios sont représentés par des périodes de 30 années. Le modèle EPICgrid a été utilisé afin de simuler les flux d'eau dans le futur à partir des données climatiques. Ce modèle permet de représenter l'évolution journalière des flux et stocks d'eau des sols et de la zone vadose de l'ensemble de la Wallonie à une résolution de 1 km. Les données de teneur en eau des sols en m³/m³ ont été extraites.
A partir des données journalières de teneur en eau des sols, trois indicateurs ont été développés pour représenter les sols à risques de sécheresses édaphiques pour le futur.
Premièrement, la teneur en eau minimale annuelle des sols. Elle est calculée en prenant la teneur en eau minimale annuelle des sols de 0 à 40 cm de profondeur. Ensuite, la moyenne sur les 30 années de la période considérée est réalisée.
Deuxièmement, la durée du déficit hydrique annuelle des sols. Elle est calculée en prenant le nombre de jours sur l'année où la teneur en eau des sols entre 0 et 40 cm est inférieure à la réserve en eau facilement utilisable par les plantes (RFU). La RFU considérée ici représente la teneur en eau au point de flétrissement additionnée de 50% de la réserve utile en eau du sol. La réserve en eau utile est calculée comme la différence entre la teneur en eau à la capacité au champ et au point de flétrissement. Ensuite, la moyenne sur les 30 années de la période considérée est réalisée.
Troisièmement, l'intensité du déficit hydrique annuelle des sols. Elle est calculée pour l'ensemble des périodes sur l'année où la teneur en eau des sols entre 0 et 40 cm est inférieur à la RFU. Pour ces périodes, l'intensité du déficit est défini comme la somme des différences journalières entre la teneur en eau des sols et la RFU, multipliées par 1000. Ensuite, la moyenne sur les 30 années de la période considérée est réalisée.
Cette série de couches montre les trois indicateurs pour la période de référence de 1971 - 2022 ainsi que leur évolution relative pour les scénarios futurs de +2°C, +3°C et +4°C en pourcentage d'augmentation et de diminution. Les données d'évolution ont été calculées pour la moyenne des modèles et pour le modèle le plus sec : CMCC-CM2-SR5. Les cartes du coefficient de variation de la teneur en eau minimale entre les modèles sont également visibles pour les trois scénarios. Le coefficient de variation correspond à l'écart-type sur la moyenne de la recharge et montre la variabilité des prédictions futures entre les modèles.
Ces cartes représentent l'ensemble du territoire wallon à la résolution de 1 km. Elles sont issues du projet de diagnostic des vulnérabilités pour augmenter la résilience de la Wallonie aux changements climatiques à travers l'adaptation. Ce projet est financé par l'Agence Wallonne de l'Air et du Climat (AWAC) et exécuté par le bureau d'étude ICEDD (Institut de Conseil de d'Etudes en Développement Durable). Ces couches ont été réalisées par C. Pirlot et A.Degré de l'Axe Echanges Eau-Sol-Plante de Gembloux Agro-Bio Tech - Uliège ainsi que par Catherine Sohier du SPW.